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Genre : deckbuilder très narratif
Développeur : Wild Wits Games (France)
Éditeur : Playdigious Originals
Plateformes dispo : Windows, macOS
Plateforme test : Windows
Téléchargement : 7 Go
Date de sortie : 18/06/2025
Langue : français
Prix : 18 €
Il suffira, non pas d’un signe, mais d’un aparté du souverain avec un bourgmestre local pour que des assassins profitent de ce moment d'inattention pour lui ôter la vie. Pointés comme les responsables par les paysans, vous fuyez, le prince et les attributs seigneuriaux sous le bras. En route, mauvaise troupe ! Il faut trouver une solution, et pour cela, retourner à la capitale. Mais le danger est partout : le monde entier en a après vous et la marée ne cesse de monter, engloutissant tout sur son passage.

Crown Gambit s’articule autour de nos trois personnages principaux, les paladins Aliza, Rollo et Hael, chacun représentant une caste : la noblesse, le peuple et le clergé. Il va falloir tirer parti de toutes leurs spécificités pour orienter au mieux l’avenir de Meodred dans une folle course à la couronne.
Le jeu vous propose une multitude de possibilités de dialogues et autant de répercussions différentes.

La tactique des gens d’armes

Crown Gambit se présente comme un deckbuilder narratif où vous alternez affrontements sur un plateau et phases de dialogues à choix multiples, à la manière d'un visual novel. Les deux versants se nourrissent l’un l’autre et orientent l’aventure. Lors des combats, que ce soit contre d’autres guerriers, des brigands ou même des rats, vos trois héros sont incarnés par des cartes sur un quadrillage. À votre tour, vous pourrez jouer avec chacun d’eux, soit en vous déplaçant, frappant avec votre arme, soutenant vos camarades ou en employant vos compétences. Certaines sont gratuites, d’autres restent dans votre main à la fin du tour, d’autres encore sont défaussées : à vous d’être logique pour optimiser l’usage de vos points d’action. Sans réinventer le genre – d’ailleurs, les cartes n’ont qu’un aspect esthétique, les développeurs auraient pu utiliser n’importe quel autre token pour matérialiser ces phases de joutes –, c’est réussi.

Les affrontements sont dynamiques, demandent de la réflexion et les ennemis majeurs possèdent des artefacts spéciaux et des stratégies bien à eux qu’il faut anticiper pour gagner. Un effort tout particulier a été fourni sur les effets visuels lorsque l’on joue nos cartes, pour ressentir toute la puissance de certaines attaques. À la fin de chaque chapitre, vous pourrez améliorer les arbres de compétence des paladins, eux-mêmes divisés en trois branches distinctes. Mais là où Crown Gambit tire son épingle, c’est via une mécanique qui peut modifier l’issue d’une joute en un rien de temps : la grâce ancestrale.

La grâce ancestrale possède plusieurs seuils qui font de plus en plus perdre le contrôle sur vos personnages.

Grâce Kill it

La grâce ancestrale vous permet d’améliorer considérablement les effets des cartes de votre main pour les rendre dévastatrices et retourner un combat… contre un peu de votre santé mentale. Problème : une fois la victoire acquise, votre équilibre psychique ne revient pas au point de départ (sauf situations particulières que vous découvrirez en temps voulu). Et plus vous sacrifiez votre esprit pour le pouvoir, plus le risque de voir vos protagonistes se transformer en double erratique est grand.

C’est à ce moment-là que Crown Gambit m’a happé. C’est son aspect narratif qui domine le gameplay, et la grâce ancestrale est un pont idéal entre les diverses phases de jeu. Plus les paladins perdent pied, plus vous perdez la main sur l’axe du récit. Toutes les démarches que vous prendrez par leur intermédiaire vont influencer leurs relations avec les castes, mais également l’orientation de l’histoire principale. Mais peu importe votre décision à un instant T : s’il ne plaît pas au personnage devenu instable, il s’interpose et change le cours des événements… rarement pour le meilleur. Parfois, un seul dilemme vous propose sept chemins particuliers et presque autant de conséquences. Tout en sachant que ne pas agir, c’est aussi choisir.

La ruée vers le lore

On se retrouve alors à jongler avec des tonnes d’informations. L’intrigue est digne d’une saison de Game of Thrones avec ces multiples clans qui se disputent le pouvoir, ces organisations criminelles qui font régner le désordre et cherchent à renverser l’autorité, ou encore ces diverses congrégations religieuses. À qui allez-vous confier l’avenir du royaume ? Pour le savoir, il va falloir rester bien accroché à vos convictions et surtout, à l’encyclopédie extrêmement touffue, qui vous explique à n’importe quel moment du jeu à quelle famille appartient tel personnage, les conceptions politiques desdites maisons, les divinités de cet univers, et j’en passe.

Une histoire trop dense pour son propre bien.

Les développeurs ont certainement compris qu’auprès de certains, l’histoire était trop dense pour son propre bien : votre journal de bord, consultable à tout instant, s’ouvre automatiquement à chaque relance de votre partie. Y sont consignées toutes vos péripéties et les répercussions principales de vos décisions. Indispensable pour ne pas perdre le fil. Il n’empêche que cette dark fantasy inspirée des folklores bretons et celtes est portée par le style impressionniste de son illustrateur. Gobert a un trait très particulier qui dégage quelque chose d’assez unique et mystique. Et une fois l’aventure bouclée une première fois, on a très envie de voir si on aurait pu faire de meilleurs choix…

Notre avis

Yamukass le 18 juin 2025
Crown Gambit est un titre efficace à l’univers généreux, qui plaira aux amateurs de combats stratégiques au tour par tour et de grande épopée. Avec ses quatre niveaux de difficulté et ses outils pour ne jamais perdre le cours de l’intrigue, le jeu se veut accessible à tous, mais risque d’en laisser certains sur le bord de la route avec son lore très dense (et certains pans de l’histoire qui peuvent paraître redondants).